écrire une lettre de 450 mots

Job ID: 38796985

Budget: $30 – $250 CAD

Dans une lettre totalisant 450 mots, vous devez présenter le contexte du 17e siècle, caractériser la pensée de Descartes et développer une position personnelle à partir de la mise en situation présentée ici: Nous avons vu, dans les trois premières leçons consacrées à Descartes et à son siècle, l’importance de la raison, par opposition à ce qui appartient au monde des sentiments, des passions.
Imaginez que Descartes vit toujours ; vous souhaitez lui écrire une lettre et partager avec lui votre position concernant l’opposition entre la raison et les sentiments. Rappelez-vous qu’à l’époque de Descartes, la lettre représentait le moyen privilégié de communication puisque ni le téléphone ni Internet n’existaient. Jouez donc le jeu !
Pour la mise en forme de votre lettre, soit l’inscription de la date et le niveau de langue, inspirez-vous de celle qu’écrivait Descartes à Élisabeth, et que vous trouverez plus loin.
"Descartes à Élisabeth – Egmond du Hoef, 21 mai 1643
Madame,
La faveur dont Votre Altesse m’a honoré en me faisant recevoir ses commandements par écrit, est plus grande que je n’eusse jamais osé espérer ; et elle soulage mieux mes défauts que celle que j’avais souhaitée avec passion, qui était de les recevoir de bouche, si j’eusse pu être admis à l’honneur de vous faire la révérence, et de vous offrir mes très humbles services, lorsque j’étais dernièrement à La Haye. Car j’aurais eu trop de merveilles à admirer en même temps ; et voyant sortir des discours plus qu’humains d’un corps si semblable à ceux que les peintres donnent aux anges, j’eusse été ravi de même façon que me semblent le devoir être ceux qui, venant de la terre, entrent nouvellement dans le ciel. Ce qui m’eût rendu moins capable de répondre à Votre Altesse, qui sans doute a déjà remarqué en moi ce défaut, lorsque j’ai eu ci-devant l’honneur de lui parler ; et votre clémence l’a voulu soulager, en me laissant les traces de vos pensées sur un papier, où, les relisant plusieurs fois, et m’accoutumant à les considérer, j’en suis véritablement moins ébloui, mais je n’en ai que d’autant plus d’admiration, remarquant qu’elles ne paraissent pas seulement ingénieuses à l’abord, mais d’autant plus judicieuses et solides que plus on les examine.
Et je puis dire avec vérité, que la question que Votre Altesse propose, me semble être celle qu’on me peut demander avec le plus de raison, en suite des écrits que j’ai publiés. Car, y ayant deux choses en l’âme humaine, desquelles dépend toute la connaissance que nous pouvons avoir de sa nature, l’une desquelles est qu’elle pense, l’autre, qu’étant unie au corps, elle peut agir et pâtir avec lui ; je n’ai quasi rien dit de cette dernière, et me suis seulement étudié à faire bien entendre la première, à cause que mon principal dessein était de prouver la distinction qui est entre l’âme et le corps ; à quoi celle-ci seulement a pu servir, et l’autre y aurait été nuisible. Mais, pour ce que Votre Altesse voir si clair, qu’on ne lui peut dissimuler aucune chose, je tâcherai ici d’expliquer la façon dont je conçois l’union de l’âme avec le corps, et comment elle a la force de le mouvoir.
Premièrement, je considère qu’il y a en nous certaines notions primitives, qui sont comme des originaux, sur le patron desquels nous formons toutes nos autres connaissances. Et il n’y a que fort peu de telles notions ; car, après les plus générales, de l’être, du nombre, de la durée, etc., qui conviennent à tout ce que nous pouvons concevoir, nous n’avons, pour le corps en particulier, que la notion de l’extension, de laquelle suivent celles de la figure et du mouvement ; et pour l’âme seule, nous n’avons que celle de la pensée, en laquelle sont comprises les perceptions de l’entendement et les inclinations de la volonté ; enfin, pour l’âme et le corps ensemble, nous n’avons que celle de leur union, de laquelle dépend celle de la force qu’a l’âme de mouvoir le corps, et le corps d’agir sur l’âme, en causant ses sentiments et ses passions.
Je considère aussi que toute la science des hommes ne consiste qu’à bien distinguer ces notions, et à n’attribuer chacune d’elles qu’aux choses auxquelles elles appartiennent. Car, lorsque nous voulons expliquer quelque difficulté par le moyen d’une notion qui ne lui appartient pas, nous ne pouvons manquer de nous méprendre ; comme aussi lorsque nous voulons expliquer une de ces notions par une autre ; car, étant primitives, chacune d’elles ne peut être entendue que par elle-même. Et d’autant que l’usage des sens nous a rendu les notions de l’extension, des figures et des mouvements, beaucoup plus familières que les autres, la principale cause de nos erreurs est en ce que nous voulons ordinairement nous servir de ces notions, pour expliquer les choses à qui elles n’appartiennent pas, comme lorsqu’on se veut servir de l’imagination pour concevoir la nature de l’âme, ou bien lorsqu’on veut concevoir la façon dont l’âme meut le corps, par celle dont un corps est mû par un autre corps.
C’est pourquoi, puisque, dans les Méditations que Votre Altesse a daigné lire, j’ai tâché de faire concevoir les notions qui appartiennent à l’âme seule, les distinguant de celles qui appartiennent au corps seul, la première chose que je dois expliquer ensuite, est la façon de concevoir celles qui appartiennent à l’union de l’âme avec le corps, sans celles qui appartiennent au corps seul ou à l’âme seule. A quoi il me semble que peut servir ce que j’ai écrit à la fin de ma Réponse aux sixièmes objections ; car nous ne pouvons chercher ces notions simples ailleurs qu’en notre âme, qui les a toutes en soi par sa nature, mais qui ne les distingue pas toujours assez les unes des autres, ou bien ne les attribue pas aux objets auxquels on les doit attribuer. […]
Je témoignerais ne pas assez connaître l’incomparable esprit de Votre Altesse, si j’employais davantage de paroles à m’expliquer, et je serais trop présomptueux, si j’osais penser que ma réponse la doive entièrement satisfaire ; mais je tâcherai d’éviter l’un et l’autre, en n’ajoutant rien ici de plus, sinon que, si je suis capable d’écrire ou de dire quelque chose qui lui puisse agréer, je tiendrai toujours à très grande faveur de prendre la plume, ou d’aller à La Haye, pour ce sujet, et qu’il n’y a rien au monde qui me soit si cher que de pouvoir obéir à ses commandements. […]"
Voici la source de ce paragraphe: René Descartes. Correspondance avec Elisabeth (1643-1649), p. 7 à 10 [www.ac-grenoble.fr/PhiloSophie/file/ descartes_elisabeth.pdf] (Consulté le 20 juillet 2011).
Prenez le temps de réviser votre texte sur le plan de l’organisation, de l’argumentation et de la langue.
Question
Adressez-vous à Descartes en répondant à la question suivante : La rationalité est-elle un obstacle ou un empêchement au sentiment amoureux ?
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